VALENTIN AU COLLEGE

30. ÉTRANGES TRÉSORS

Assis à la table du petit déjeuner familial, Valentin songeait à l'emploi de sa journée de samedi quand le vibreur de son smartphone s'activa dans la poche de son pantalon. Gêné par sa position assise, il extirpa difficilement l'appareil et jeta un rapide coup d’œil à l'écran sur lequel une bulle verte s'ornait du chiffre 1. Message de Olivier, lut-il en ouvrant l'application.
« tu peux paC me voir ce mat1 »
— Un problème Valentin ? questionna Isabelle sa grand-mère.
— Je ne crois pas. Olivier me demande d'aller le voir, c'est sûrement pour le devoir d'anglais qu'il faut rendre mardi. Tu as besoin de moi ce matin ?
— Non mon grand garçon, tu peux prendre ta matinée. C'est ton meilleur copain Olivier ?
Valentin regarda ses grands-parents en souriant.
— J'ai quatre bons copains, je ne fais pas de différence dans l'amitié bien qu'ils soient tous différents.
— Il y a Olivier, Gilles et puis ?
— Florian et Pascal.
— Tu a des copines également ?
Valentin sourit encore en constatant l'inquisition grand-parentale.
— Je m'entends bien avec quelques filles de la classe Mathilde Marchand, Lucie Roche, Pauline Fresnoy, Eva Lacourt...
— Eva, le fille de la caissière du supermarché ?
— Oui, elle même.
— J'ai discuté avec sa mère pas plus tard qu'hier et elle m'a confié que sa fille est transformée depuis une quinzaine de jours. Elle qui était si timide et craintive est devenue enjouée, souriante. Elle m'a dit aussi que ses notes scolaires se sont nettement améliorées. Tu n'y serais pas pour quelque chose ?
— Avec mes potes, nous l'avons un peu aidée quand une autre fille de la classe l'embêtait.
— C'est ta petite amie attitrée ?
— Laisse-le tranquille avec ça Isabelle ! Il a le droit à ses petits secrets, intervint Jean-Claude son grand-père. Rappelle-toi quand quelqu'un te posait ce genre de question dans ta jeunesse. Tu mentais n'est-ce pas ? Alors ne l'oblige pas à mentir.
— Cela ne me gêne pas grand-père. Non, ce n'est pas ma petite amie mais une amie tout simplement. Bon, je range la vaisselle et j'y vais.
« OK » tapota-t-il en réponse à Olivier.

— Salut Olive ! Tu as un problème avec ton devoir d'anglais ?
— Pour cette fois ta perspicacité est en défaut Val, je l'ai fait mon devoir pour Radissel. Je veux simplement te montrer quelque chose dans mon garage, enfin celui de mes parents. Viens...
Regarde ce truc que j'ai déniché au fond d'une vieille malle, qu'est-ce que c'est à ton avis ?
— Une poêle à frire.
— Arrête tes plaisanteries, sérieusement ?
— Sérieusement une poêle à frire, autrement dit un détecteur de métaux.
— Ah, et tu sais comment ça marche ?
— Je n'en ai jamais utilisé mais un jour j'ai vu quelqu'un s'en servir pour détecter une canalisation d'eau.
— Qu'est-ce que ça peut détecter ?
— Le fer, la fonte et l'acier je crois. Montre voir le cadran de plus près. Là c'est un poussoir On-Off, toi qui as fini ton devoir d'anglais, tu dois savoir traduire. Là il y a comme un sélecteur à trois positions, voyons Ag Au Cu – 0 – Fe Ni. As-tu ton smartphone sur toi ? OK, alors cherche Ag.
— Ag… J'obtiens Assemblée générale, Anesthésie générale, Ailier gauche, Acide gras et Argent.
— Bien, nous allons pouvoir détecter un bon ailier gauche pour notre équipe de football. Cherche Au maintenant.
— Ne te fiche pas de moi ! Au... Ouais, chouette, la première définition c'est symbole de l'or ! On va pouvoir trouver des trésors, des pièces d'or et d'argent !
— Bon, vas-y pour Cu.
— Cu… Communauté urbaine non, Certificat d'urbanisme non plus, Charge utile je ne crois pas, Bingo : symbole du cuivre !
— Si Cu veut dire cuivre, Fe doit vouloir dire fer et Ni nickel, déduisit Valentin. Vous avez là apparemment un détecteur complet. Maintenant est-ce qu'il est en état de marche ? Teste-le.
— Aïe, il ne s'allume pas, se lamenta Olivier en maltraitant le poussoir.
— Du calme Olive, que faut-il pour qu'une lampe puisse s'allumer ?
— Un branchement donc une prise de courant.
Devant le sourire ironique de Valentin, Olivier se reprit :
— Évidemment, des piles en bon état. Comment ça s'ouvre ce boîtier ? Ça y est, j'ai vu, c'est ce petit poussoir. Évidemment qu'il ne marche pas, les piles sont complètement déformées et pleines de blanc.
— Tu en as en réserve des piles de ce calibre ?
— Oui, ce sont des piles ordinaires comme pour les radios. Je vais en chercher.
— En attendant, trouve-moi un bout de papier de verre très fin, je vais nettoyer le boîtier.
Valentin entreprit un soigneux ponçage des contacts et inséra les quatre piles que lui tendit bientôt son ami.
— Olivier, mets un truc en fer sous un tas de chiffons ou une vieille couverture, je vais tester ton engin.
Valentin régla le commutateur sur Ni Fe et mit le contact. Un sifflement accompagna une oscillation du vumètre bien avant que le disque sensible soit au niveau du sol, loin de la couverture cachant un vieux sécateur.
— Il a tout faux cet engin ! déplora Olivier.
Valentin réfléchit un instant, sourcils froncés par la concentration.
— Je ne crois pas Olive, au contraire, je le pense très sensible. Il a dû détecter le ferraillage de la dalle en ciment. Trouve un bout de cuivre et sortons sur ta pelouse avec le sécateur et la couverture.
Le nouveau test fut cette fois très concluant, l'outil détecta l'outil caché et le bout de tuyau en cuivre qu'Olivier venait de dissimuler.
— Ça marche ! A nous les trésors cachés ! jubila Olivier tout excité.
— Attends un peu, il faut maintenant se placer en situation, je vais cacher ce bout de cuivre dans la terre de ton jardin, à dix ou quinze centimètres de profondeur, pour que le test soit valable. Pas de triche, tu ne me regardes pas s'il te plaît.
Valentin gratta le terre à quatre ou cinq endroits différents et enfouit le petit bout de cuivre.
— A toi, grand chercheur d'or ! se moqua Valentin.
Olivier mit le contact, bascula le sélecteur sur la gauche et, concentré comme un soldat détecteur de mines, s'avança dans le jardin. Quand il passa le disque sensible au dessus du cuivre, un sifflement accompagna la montée de l'aiguille du vumètre.
— C'est là ! triompha Olivier. Qu'est ce que je dois faire maintenant ?
— Tu creuses pour vérifier et récupérer le trésor.
— Donc il nous faut une pelle et une pioche...
— Comme tu y vas ! Une simple petite pelle de jardinière devrait faire l'affaire.
— Et un sac pour récupérer l'or ! Qu'est-ce que tu fais cet aprem' ?
— Je suppose que tu désires que je t'accompagne. A quelle heure ?
— Deux heures, ça va pour toi ?
— OK Olive.

— Alors Olive, tu as décidé d'un terrain de chasse ? demanda Valentin quand ils furent presque arrivés au niveau du lac.
— Oui, on commence par la plage municipale. En été les baigneurs laissent tomber des tas de choses dans le sable, des pièces, des bagues, des gourmettes...
— Comment comptes-tu t'y prendre ?
— Je vais me promener sur le sable avec l'engin.
— Au hasard ?
— Ben oui, comment faire autrement ?
— Je ne veux pas avoir l'air de te commander, mais il me paraît plus judicieux de quadriller le terrain.
— Comment ça ?
— Tu traces un carré de dix mètres sur dix mètres que tu divises en bandes de un mètre et tu arpentes chaque bande en passant la poêle de gauche à droite et de droite à gauche en avançant. Il faut que tu agisses systématiquement.
— Tu m'aides à tracer ?
— Le temps de trouver un bâton et je te fais un super quadrillage ! En attendant, commence à la limite de l'eau.
— D'ac. Hé Val, ça siffle, j'ai déjà quelque chose !
— Fer ou pas fer ?
— Je l'ai réglé sur or, argent et cuivre.
— Creuse la question, sourit Valentin.
— Une pièce de cinq centimes toute verdie.
— C'est le début de la fortune. Encore deux cents fois comme ça et tu auras dix euros et pour ton premier million, tu devras te baisser vingt millions de fois ! rigola Valentin.
— Ça re-sonne ! Hé un euro ! Tu fais moins le malin maintenant, hein ?
— Excuse-moi, je ne voulais pas te vexer, mais je ne crois pas trop aux trésors. Écoute Olive, tu peux passer deux jours à explorer toute la plage si tu veux, mais tu auras plus de chances de trouver des petites pièces vers le lieu où se vendent les glaces, les beignets et autres saletés.
— Tu n'aimes pas ça ?
— Non, mon père dit toujours que ce n'est pas bon pour la forme et la santé. Je suis désolé mais je crois mon père.
— Il est docteur ton père ?
— Il cultive des légumes de façon biologique dans notre ferme en Australie.
— N'empêche que les beignets, c'est bon ! Je vais explorer près de la buvette.
Valentin s'étendit sur la bande de gazon reverdissant jouxtant le sable de la plage, laissant son ami explorer le sable. Quand celui-ci revint, il demanda quelque peu goguenard :
— Alors, Olive, bilan d'une heure de recherche ?
— Mal au bras, un euro et vingt cinq centimes, quatre capsules de bière et deux boules de papier d'aluminium, ce n'est pas ici qu'il faut chercher. Écoute Val, je connais une maison écroulée au-delà du bois défendu, c'est à cinq minutes en vélo, tu viens explorer avec moi ?
— Si cela peut te faire plaisir.

— C'est là !
— Un gros tas de cailloux ! Je me demande ce que nous pouvons en extraire.
— C'est moins étendu que la plage du lac, dit Olivier en remontant le détecteur de métaux, ça va aller bien plus vite.
— Positionne le sélecteur sur fer, tu vas sûrement trouver de vieux clous de charpente.
— Décidément, tu es bien moqueur aujourd'hui. Est-ce parce que l'idée est venue de moi ?
— Ne te fâche pas Olive. Les trésors enfouis, on ne les trouve que dans les livres pour gamin. Je ne veux pas être désagréable. Allez, trouve-moi quelque chose.
— Tiens, ça sonne ! Tu veux creuser ?
— Pour te faire plaisir, accepta Valentin. Tiens, voici une vieille truelle, le bois de la poignée a disparu. Il ne reste que la ferraille et la cale en bronze de l'ancien manche. C'est elle qui a fait sonner ton engin.
Olivier monta sur le tumulus de pierres et de terre, promena partout le détecteur. Au bout d'un quart d'heure, il posa l'appareil et se massa l'épaule.
— Je peux te relayer si tu as encore mal au bras.
— D'accord, à ton tour.
— Réfléchissons. Tout ce monticule que tu viens d'explorer correspond à l'endroit de la maison. Là où il y a des orties qui commencent à pousser, c'était probablement l'étable...
— Comment peux-tu être sûr de ça ?
— L'ortie est une plante qui aime les terres enrichies par l'urine des animaux. Donc près du chemin, cet endroit plat devait correspondre à la cour ; là, au sud, le long de ce muret, c'était probablement le jardin. Je vais commencer par le jardin.
Valentin, les yeux rivés sur le vumètre longea le muret en balançant lentement l'appareil qui émettait un léger bruit de fond permanent. Au bout d'une quinzaine de mètres, l'adolescent s'arrêta, fronça les sourcils et repassa plusieurs fois la rondelle au dessus d'une pierre plate. Il secoua la tête et reprit son chemin. Aucun signe de quoi que ce soit. Il allait passer à ce qu'il estimait être la cour quand il se ravisa et revint vers la pierre plate.
— Pourquoi tu repasses-là ? questionna son ami qui le suivait pas à pas en tenant à la main sa petite pelle de jardinière.
— C'est étrange, le détecteur émet toujours un léger bourdonnement et juste là, il n'émet plus rien.
— S'il y avait quelque chose, il aurait sifflé, non ?
— Peut-être. Enlève tout de même cette pierre.
Valentin passa et repassa l'engin au-dessus de l'endroit dénudé, s'éloigna de quelques pas, refit un test puis revint à l'endroit de la pierre. L'aiguille du vumètre eut une très légère oscillation.
— Sans te commander, pourrais-tu creuser à cet endroit ? demanda Valentin.
Olivier enleva quelques mini-pelletées de terre.
— Tu veux que j'élargisse le trou ?
— Non, juste un peu plus profond.
La pelle à nouveau s'activa, sonnant parfois sur une petite pierre puis eut un son mat, inhabituel. Olivier s'arrêta brusquement.
— Regarde Val, on dirait un vieux bout de bois...
— Tu peux l'enlever ?
— Facilement, c'est tout pourri. Voilà, j'ai retrouvé la terre en dessous.
— Laisse-moi repasser le détecteur... Ah, voilà que ça sonne.
— Tu es branché sur quoi ?
— Métaux non-ferreux.
— Je continue à creuser ?
— Bien sûr, en élargissant un peu cette fois. Je vais chercher la vieille truelle pour t'aider.
Les deux amis se mirent à la tâche creusant et agrandissant le trou. Valentin passa encore une fois le détecteur qui sonna un peu plus fort.
— Stop ! dit soudain Olivier. Regarde, quelque chose de blanc et un bout de chiffon pourri.
— Allons-y délicatement maintenant. C'est sûr qu'il y a quelque chose.
— Tu vois bien que les trésors existent ! jubila Olivier tout heureux.
— J'ai l'impression d'être tombé sur un os, si j'ose dire, regarde ! Passe-moi ta pelle, je vais le dégager délicatement. Encore un, encore deux autres. Encore plein ! Un plus gros maintenant.
— Stop Val, là il y a un petit truc jaune. On dirait un petit bracelet. J'en étais sûr, c'est de l'or !
— N'y touche pas, Olivier, arrêtons tout !
— Mais pourquoi puisqu'on touche au but ?
— C'est quoi ces os à ton avis ?
— Un chien, un chat, un mouton, un animal quelconque...
— Un animal avec une gourmette ?
— Oh nom d'un chien Val, tu as raison. Sur quoi est-ce qu'on est tombé ?
— Nous sommes tombés... sur une tombe !
— Alors là dessous, c'est un mort ?
— J'en suis sûr. Je peux même affirmer que c'est un enfant.
— Comment peux-tu dire que c'est un enfant ?
— Tu te rappelles l'affaire Jobard avec Nestor le squelette ? Je suis resté longtemps sur l'estrade près du squelette et j'ai bien vu la taille des os des mains. Ceux-ci appartiennent à une main et sont beaucoup plus petits d'où ma conclusion. Je crois qu'il s'agit du squelette d'une petite fille, à cause du bracelet.
— Pourquoi une tombe ici et non pas dans le cimetière ?
— C'est une mort qui n'a pas été déclarée.
— J'ai peur Val. Qu'est-ce qu'on va faire ?
— Premièrement, ne pas avoir peur. Deuxièmement, laisser tout dans l'état, troisièmement, prévenir les autorités.
— C'est toi qui le fait hein ?
— Pas de problème dit Valentin en sortant son smartphone. Allô ? C'est le brigadier Guimard ? Dufournet ? D'accord, ici Valentin Valmont. Brigadier, nous avons trouvé un mort. Qu'est-ce qu'on en fait ? Non, ce n'est pas une blague... Oui, j'attends... Adjudant Lemoine ? Nous avons déterré un squelette de petite fille. Non ce n'est pas une blague, vous me connaissez. Je vous envoie les coordonnées GPS tout de suite, mais il me faut un numéro de portable pour le SMS automatique. OK, nous vous attendons. Non, je suis avec mon copain Olivier, c'est grâce à lui que nous avons fait la découverte. Cela va sans dire, mon adjudant, nous ne touchons plus à rien. Je vous expédie le message.
Valentin fit glisser l'écran de son appareil, toucha l'icône de l'application Altimeter et posa le doigt sur la zone sensible marquée SOS. Un message pré-rempli s'afficha avec « I need help ! My position is :» suivi des coordonnées du lieu. Il entra ensuite le numéro fourni par l'adjudant et expédia le SMS. Le « zip » caractéristique lui confirma la réussite de son envoi.
— Il n'y a plus qu'à patienter. A mon avis, dans dix minutes ils seront là.

— Encore toi, Valentin, fit l'adjudant Lemoine d'un ton faussement courroucé en sortant de la Peugeot 306 de la gendarmerie conduite par le brigadier Dufournet. Alors comme ça vous avez trouvé un cadavre !
— C'est par hasard, monsieur l'adjudant, en cherchant un trésor avec mon détecteur de métaux précieux, intervint Olivier.
— Comment t'appelles-tu, toi ?
— Olivier Chanat, je suis dans la même classe que mon ami Valentin.
— Tu as une autorisation pour te servir d'un détecteur de métaux ?
— Il faut une autorisation ?
— Absolument. En cas de recherche de trésor sur un terrain privé, il faut une autorisation écrite de recherche et il faut aussi absolument signer avec le propriétaire un papier indiquant clairement comment s'effectuera le partage de toutes les découvertes. S'il n'y a pas d'accord, le trésor revient totalement au propriétaire du terrain.
— Mais ce n'est pas un terrain privé ici !
— Mais si mon garçon, en France, les terrains appartiennent soit à une personne privée, soit aux domaines, donc à l'état.
— Bon, il ne me reste plus qu'à restituer la vieille truelle rouillée au propriétaire qui enterre des enfants dans son jardin, osa se moquer Olivier.
— Je te taquinais un peu pour te changer les idées, Olivier. Conduisez-nous à l'endroit de votre terrible découverte...
Oh, en effet, ce sont probablement des os humains.
— Des os de petite fille, monsieur l'adjudant, affirma Olivier. Venez, je vous montre. Regardez là, au bout d'un os un peu plus gros, il y a comme un bracelet en or. Ce sont les filles qui portent des bracelets, non ?
— Pas bête Olivier, pas idiot du tout comme raisonnement. Mais là, on ne peut rien faire. Il faut appeler les techniciens en identification criminelle. En attendant, nous sécurisons la zone. Brigadier, allez chercher les bandes de police, la bâche et trouvez des piquets.
— Où les piquets, mon adjudant ?
— Je ne sais pas, débrouillez-vous Dufournet.
— Et toi Valentin, tu n'y es pour rien dans tout ça, bien sûr ?
Valentin sourit et, sans répondre directement, demanda :
— A votre avis, depuis combien de temps cette... personne est-elle là ?
— D'après ce que j'ai pu voir : plus de deux ans.
— La maison est écroulée depuis combien de temps ?
— Je l'ai toujours vue dans cet état, donc plus de vingt ans.
— Vous savez à qui appartient le terrain ?
— Nous irons consulter le cadastre pour connaître le propriétaire afin de lui poser des questions.
— Vous pensez que l'on pourra connaître l'identité de la personne et de quoi elle est morte ?
— Le médecin légiste nous enverra son rapport. Nous aviserons ensuite. Tu es un poseur de questions toi, hein ?
Valentin sourit et changea de sujet.
— Comment devons-nous faire pour avoir une autorisation de recherche de trésor pour mon copain ?
— Je vais m'arranger pour vous en obtenir une à la préfecture. Comme ça vous pourrez continuer à chercher de l'or.
— Ce ne sera pas la peine monsieur l'adjudant, j'en ai assez de me tuer l'épaule à balader cet engin et de me fatiguer à creuser pour rien ou presque. Je vais le remettre dans sa malle à la maison. Vous pourrez nous donner les résultats de votre enquête sur la petite fille ?
— Je ne peux pas te promettre Olivier, mais je te remercie de ton action. Tu n'es pas trop impressionné par ce que tu as trouvé ?
— Un peu quand même.
— Rentrez chez vous les enfants, lavez-vous soigneusement les mains et oubliez tout ça ! Allez, au revoir.
— Bonsoir mon adjudant, répondit Olivier.
— Bonsoir mon adjudant. Bonsoir brigadier, cria Valentin, il y a des bâtons derrière le tas de pierres !