VALENTIN AU COLLEGE

5. LEÇON DE BOXE

« 5ème C, 5ème D, entrez... fit monsieur Doucet en ouvrant la porte du vestiaire. Allez, mettez vous par deux pour porter les tapis, on les place pour former un grand carré. Ajustez-les bien, il ne doit pas y avoir d'espace entre deux...
Échauffement ! Deux tours du gymnase en course lente et un tour à allure soutenue, partez !
Bon, une corde à sauter par personne, deux minutes de sauts, variez les figures...
Stop, rangez les cordes. Exercice de shadow-boxing maintenant, imaginez un adversaire devant vous et portez-lui tous les coups que vous connaissez, deux minutes également, allez !
Stop, repos.
Vous allez vous asseoir autour du grand tapis, sept par côté et vous les poussez bien avec vos talons de façon à éviter tout glissement.
Comme c'est la dernière séance du cycle sports de combat, vous allez, chacun votre tour, devoir défier un camarade pour un petit assaut d'une minute. Il ne s'agit pas de frapper pour faire mal mais simplement de toucher l'adversaire, comme en escrime. Chaque coup touchant rapporte un point. Ne comptent pas les coups parés avec les gants ou les bras. La personne défiée est libre de relever le défi ou de le refuser sans explication. Compris ?
Quentin donne-moi un nombre de 1 à 28, on commencera à compter à partir de toi.»
— Quatorze m'sieur !
— D'accord, 1, 2, 3, 4 …. 12, 13, 14. Gilles, tu commences.
— Aïe, qu'est-ce que je dois faire ?
— Tu te lèves, tu entres sur le tapis, tu te diriges vers celui que tu veux défier et tu dis son nom.
— Heu, j'sais pas trop moi, heu... Olivier ?
— J'accepte ! fit Olivier en se levant.
— Mettez les gants et le casque, venez au centre du tapis, touchez-vous les gants. En boxe, c'est l'équivalent de serrer la main de l'adversaire. Les autres, vous comptez les points en même temps que moi. Prêts ? Boxez !
Les deux élèves tournèrent l'un autour de l'autre. Gilles tenta un direct du droit au visage facilement esquivé et reçu en retour un crochet au menton. Ses dents claquèrent.
— Break ! cria le prof, vous devez boxer dents serrées. Ça va Gilles ?
— Oui, pas de problème.
— Un point pour Olivier. Boxez !
Gilles tenta une feinte du gauche suivie du même direct du droit qui cette fois toucha.
— Bien ! dit le prof, un point partout. Boxez ! Olivier fonça et enchaîna une série de crochets qui arrivèrent dans les gants de Gilles qui se protégeait le visage. Olivier finit par reculer et reçu sur l'oreille un swing lancé à la désespérée. — Deux à un pour Gilles commenta le prof, d'accord ? Encore 15 secondes.
Olivier se mit à tourner autour de son adversaire et finit par allonger un direct du droit qui arriva sur le casque de Gilles.
— Deux partout, stop, fin du combat. Joli match mais match nul, d'accord ? Suivant, Tony à toi.
Tony se leva, une expression sardonique sur le visage. Il se dirigea vers Valentin.
— Lui ! fit-il.
— Je ne te connais pas toi, intervint le professeur, tu es nouveau ? Comment t'appelles-tu ?
— Oui, c'est mon premier jour dans ce collège. Je me nomme Valentin Valmont, monsieur.
— Visiblement, vous n'appartenez pas à même catégorie de poids et tu n'as pas assisté à la séance d'apprentissage. Tu peux refuser !
— J'accepte, répondit Valentin en mettant son casque.
— OK, touchez-vous les gants. Boxez !
Valentin se mit à tourner autour de son adversaire. Tony tenta un enchaînement de crochets qui ne rencontrèrent que le vide. Trois fois il tenta la même manœuvre sans plus de succès. Valentin esquivait mais n'avait pas encore réussi à placer un seul coup. Fort de son allonge, Tony lança un violent swing du gauche. Valentin bloqua de l'avant-bras droit.
— Doucement Tony, intervint le professeur, on cherche à toucher, on ne cogne pas ! Le coup a été paré, il n'est pas compté. Il reste 15 secondes, boxez !
Tony se rua au corps à corps et enchaîna deux crochets du gauche. Le second toucha assez fortement Valentin à la tête et lui fit faire un pas de côté. Sous ses pieds le tapis ripa, Valentin s'écroula.
Tony leva les deux bras en tournant sur place :
— Tony vainqueur par K.O, claironna-t-il, triomphant. — Non, répliqua Valentin, c'est le tapis qui à glissé !
— J'avais demandé de serrer les tapis et de les maintenir, tonna le professeur. Mais on va tout de même déclarer Tony vainqueur un à zéro. Suivant, à toi Alexis...

— Au suivant : Valentin, si tu as récupéré.
— Pas de problème monsieur.
Valentin se leva, fit lentement le tour du tapis et s'arrêta devant Tony.
— Toi, boloss, fit-il calmement.
— T'en a pas eu assez ? Alors prépare-toi, minus ! gronda Tony.
— On respecte l’adversaire, je ne veux pas de bagarre mais de la belle boxe escrime, demanda le prof, on touche simplement, OK ? Alors boxez !
Tony tenta à nouveau le coup qui lui avait si bien réussi lors de son premier combat, il fonça au corps à corps mais Valentin se baissa promptement laissant les poings de son adversaire passer au dessus de sa tête et se releva en décochant un fort uppercut au plexus solaire de Tony.
— Même pas mal ! fanfaronna ce dernier en se remettant en garde, à distance cette fois.
— Un à zéro pour Valentin, commenta le prof.
Valentin sautillait latéralement à droite, à gauche. Tony rageur lançait des coups désordonnés qui n'arrivaient pas. Soudain Valentin avança sur lui, du poing gauche, par un crochet en patte de chat sur le gant gauche de Tony, il baissa la garde de son adversaire et enchaîna par un swing du droit qui claqua sur la joue de l'autre. Profitant de le remontée de la garde de Tony, il doubla d'un crochet oblique du gauche à la mâchoire suivi d'un direct du droit qui écrasa le nez de son opposant.
— Break ! cria le professeur. Doucement Valentin !
— Mais je n'ai pas vraiment frappé, monsieur, j'aurais pu taper beaucoup plus fort !
— Hum ! Ça va Tony ?
— Heu… heu… ouais... ouais ça va mais j'saigne du pif...
— Va vite au lavabo faire couler de l'eau froide dessus. Quatre à zéro pour Valentin, fin du combat.

— Formidable ! Comment tu l'as mouché le mec ! Tu lui as explosé les boutons ! jubila Gilles quand ils furent sortis du vestiaire.
— Ce n'était pas bien difficile. Ce genre de brute réagit toujours de la même façon. Il comptait sur sa force et son allonge et n'a pas réfléchit plus loin. J'ai commencé par le vexer en le traitant de boloss puis mon premier coup - que j’ai quand même un peu appuyé - l'a mis en colère, mes esquives l'ont exaspéré et quand quelqu'un perd sa lucidité il devient vulnérable. J'en ai profité.
— Tu sais, avec ses frères, il va vouloir se venger de toi. Tout le monde a peur des Thénardier au collège.
— Bah, on verra bien ! Quel est le programme maintenant ?
— Cantine. Premier service à midi un quart puis récréation jusqu’à quatorze heures.
— Cet après-midi ?
— Une heure de math avec Derrien -on l’appelle air de rien- puis éducation musicale avec la Lorelei.
— C’est son nom ?
— Pas vraiment, son nom c’est Laymarie et son prénom Laurence. Son surnom lui va vraiment bien car si elle a l’air triste, elle chante vraiment bien.
— Tu pourras me copier l’emploi du temps ?
— J’t’en fais une photocop pour demain.