VALENTIN ET SES COPAINS

24. CHANTAGE

Les sept qui possédaient un vélo, après un court rassemblement place de la mairie, prirent la direction du col.
— Essayons de repérer tous les bâtiments inhabités, les granges, les cabanes, les résidences secondaires fermées, haleta Gilles, tout ce qui est un peu isolé quoi. Ah, voilà Pauline qui nous attend. Allons doucement maintenant, on attaque la longue côte. A mon avis, c'est surtout après le deuxième pont sur le torrent qu'il faudra chercher. Après ce pont, il y a une épingle à cheveux puis trois virages prononcés ensuite la route traverse un petit bois. On fera une pause à cet endroit là pour faire le point. La circulation était nulle. Le petit peloton, emmené au train par un Florian physiquement à l'aise, ahanait et soufflait mais personne ne se plaignait ni parlait d'arrêter. L'image d'un Valentin possiblement maltraité et meurtri était dans tous les esprits. Sans oser le dire, certains pensaient au pire.
A l'orée du petit bois, tous mirent pied à terre. Gilles allait reprendre la parole quand son téléphone vibra.
— Attendez, quelqu'un m'appelle. C'est Lucie. Oui Lucie ? Les deux scooters sont passés, ils se dirigent vers le col. OK, merci, bisous Lucie. Vous avez entendu ? Ils arrivent ! Qu'est-ce qu'on fait ?
— Planquons-nous, proposa Bouboule.
— On les attends, on les bloque et on les force à parler plutôt, surenchérit Florian.
— Faisons les deux, synthétisa Gilles. Avançons jusqu'au prochain virage et faisons un barrage sur toute la largeur de la route avec nos bécanes couchées par terre, il ne faut pas qu'ils puissent passer, les forcer à s'arrêter. Nous allons tous nous cacher. Ils ne vont pas comprendre et descendre de leurs engins pour voir et libérer le passage et là nous leur sautons dessus.
— Ce sont des grands du lycée, ils ne vont pas se laisser faire, déplora Bouboule. A mon avis, l'idée du barrage est bonne, à condition de mettre quelqu'un plus loin pour arrêter la circulation s'il vient une voiture. L'idée de se cacher est excellente pour les déstabiliser, mais la bagarre... Nous ne sommes pas sûrs de gagner donc nous ne récolterons que des mauvais coups et Valentin restera prisonnier.
— Qu'est-ce que tu proposes alors ? s'énerva Gilles.
— Quand ils vont descendre de leurs scoots, il faudra qu'on sorte de nos planques pour les empêcher de bouger nos VTT, en fait pour les occuper pendant que les deux plus costauds d'entre-nous, Florian et Olivier qui seront cachés plus bas arriveront par derrière et pousseront à la main leurs engins au bord de la route, côté ravin...
— Excellent Bouboule, approuva Mathilde. Nous les menacerons de balancer leurs scooters dans le torrent s'ils ne nous révèlent pas l'endroit où Valentin est caché. C'est à ça que tu pensais ?
— Exactement. Du chantage ! Ou ils vont délivrer Valentin, ou leurs engins sont foutus. Le Piaggio d'Anton est neuf, il va céder tout de suite si nous nous montrons déterminés. Je vais redescendre jusque avant le virage pour faire le guet. Faites le barrage quand je crierai les v'la !
— Tu es génial Bouboule, approuva enfin Gilles. Pauline, tu voudras bien aller bloquer la route en amont s'il vient une voiture ?
— Oui, mais comment je fais ?
— Tu te mets en travers en agitant les bras et si on te demande, tu dis que la route est bloquée parce que des cyclistes sont tombés.
— Pas tout de suite, ajouta Bouboule, ne faites pas le barrage avant que je crie, il faut laisser passer les bagnoles s'il y en a. J'y vais. Nous allons y arriver les amis !

— Voiture ! cria Bouboule depuis son poste d'observation. Scooters en vue au niveau du pont ! Barrage aussitôt la voiture passée ! Compris ?
— Bien compris, tu peux revenir ! hurla Gilles. Flo, Olive, allez vous planquer, nous installerons vos vélos. Vas-y Pauline, tu bloques tout ce qui descend dès que cette voiture est passée. Allez, action. Ne laissons pas de possibilité d'évitement par les bas-côtés. Voilà, impeccable, cachons-nous et attendons qu'ils essayent de bouger nos VTT.

Les arrivants freinèrent et stoppèrent leurs engins, un pied au sol.
— Merde ! cria le conducteur du scooter blanc et orange, qu'est-ce que c'est que ce bazar ? ajouta-il en mettant son engin sur béquille, Anton, aide-moi à déblayer.
Sans ôter leurs casques ni arrêter leurs moteurs, les deux jeunes s'avancèrent vers le barrage. De la droite et de la gauche de la route, Gilles, Quentin, Pascal, Amandine et Mathilde sortirent du bois et se placèrent en laissant le barrage entre eux et les nouveaux arrivants.
— Oh, votre blague était trop drôle, maintenant débarrassez votre binz les minots, nous sommes pressés ! dit le jeune au casque blanc et orange.
— OK Hugo, dès que tu nous auras dit où vous avez séquestré Valentin.
— Hein, comment tu m'appelles ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
— Je te reconnais malgré ton casque, tu t'appelles Hugo et c'est déjà toi qui a séquestré ma sœur et Valentin l'autre jour ! appuya Amandine.
— Qu'est-ce qu'elle a cette meuf, elle délire ? Dégagez-nous la route tout de suite !
— Ne jouez pas les innocents, nous savons tout ! Alors ? reprit Gilles.
— Alors tu vas te faire casser la gueule petit con si tu ne libères pas la route.
— OÙ EST VALENTIN ? hurla Gilles.
— Anton, balance ces bécanes à la rivière pendant que je m'occupe de ces morveux...
— Stop Hugo ! dit calmement Mathilde, avant de prendre une mauvaise décision, regarde derrière toi.
Les deux jeunes casqués se retournèrent.
— Hé vous, ne touchez pas à ça ! hurla le casque rouge.
— STOP ! Ne bougez pas les rigolos ! Les jeter à la rivière tu as dit ? se moqua Florian en maintenant le Piaggio à la limite de la rupture de pente vers l'aval, bon d'accord, à la rivière ! Si tu fais le moindre pas Anton, je lâche le frein.
— Pareil pour toi, Hugo le chinois, ajouta Olivier en poussant le Eurocka à côté du Piaggio.
— Qu'est-ce que vous voulez à la fin ? s'énerva Hugo.
— Notre copain Valentin, ensuite on vous laisse partir.
— Je ne sais pas de quoi vous parlez.
— Tiens qu'est-ce que c'est que ça ? dit Olivier en sortant un petit aérosol du coffre de guidon du scooter blanc. C'est écrit Pepper Fog dessus, ça veut dire quoi ?
— Poivre et brouillard, traduisit Mathilde.
— Je reconnais ce truc, c'est la bombe aérosol au poivre de Valentin, il l'avait hier, s'écria Quentin. Vous ne pouvez plus dire que vous ne savez pas ! C'est vous qui l'avez capturé hier après-midi et obligé à vous suivre. Si dans trois secondes on ne sait pas où il est, on balance vos scoots au ravin.
— On le connaît pas ce mec, j'vous dis.
— OK, nous allons commencer par le Piaggio, dit Gilles qui avait deviné le point vulnérable de ses adversaires. Dommage, c'était une belle bête. Vas-y Flo ! Envoie !
— NON, attendez, j'vais vous dire, hurla Anton.
— Ta gueule toi ! menaça Hugo.
— C'est pas ta bécane, la mienne est toute neuve, elle n'a pas deux cents bornes.
— Rassure-toi Anton, nous balancerons l'autre aussi. J'attends ! Dernière chance Anton. Trois deux un...
— Il est dans la grange qui sert de garage à un camping-car, sur le replat, un kilomètre après le bois.
— Tu vois quand tu veux. Enlevez vos casques et allez le chercher, oui, à pied. Deux fois un kilomètre, je vous donne quinze minutes, pas une de plus, dit Gilles en regardant l'heure sur son smartphone.
— Y m'faut les clés qui sont dans mon coffre, dit Hugo en bougeant vers son scooter.
— Stop, tu restes ici ! ordonna Gilles. Olive, fouille dans son coffre et envoie les clés qui s'y trouvent.
— Attrape hé grand con, se moqua Olivier en balançant à trois mètres de lui les deux clés qui tintèrent sur les gravillons de la route.
— Toi va les chercher, ordonna Gilles à Hugo. Anton, tu ne bouges pas.
— Qu'est-ce qu'il te faut d'autre, un petit remontant ? ajouta Olivier en appuyant sur la languette de la bombe aérosol au moment où Hugo se baissait pour ramasser les clés. Un jet de brouillard lui enveloppa la tête.
— Putain mais il est grave ce mec, jura Hugo en éternuant. Putain, ça brûle les yeux.
— Plus que quatorze minutes, pressa Gilles. Pensez à vos belles montures les mecs.
— Je les accompagne ? proposa Quentin.
— Pas la peine, va simplement récupérer Pauline. Les filles et Bouboule, voulez-vous ranger les vélos sur le bas-côté pour laisser passer leurs altesses imbécilissimes. Olive et Flo, mettez leurs engins sur béquille mais restez tout près. S'ils se ravisent, donnez un grand coup de pied au niveau de la selle, je parie qu'ils dégringoleront en faisant des tonneaux jusqu'au torrent.
Les deux lycéens partirent au petit trot suivis par les regards satisfaits mais pas encore triomphants de l'équipe.
— Je préviens les filles en bas, dit Gilles en ressortant son smartphone. Oui, Lucie, ça y est, on les a coincés, ils sont partis délivrer Val. Non, pas en scooter bien sûr. Oui, je te tiens au courant. Qui est-ce qui pleure ? Eva et Margot ? Rassure-les, tout va bien se passer maintenant. Quoi ? La gendarmerie vous a questionnées ? Lemoine en personne. Où, le barrage ? Au niveau du dernier hameau, OK, merci du tuyau.
Les amis, voici comment je vois la suite, dit Gilles en s'adressant au groupe, quand nous aurons récupéré Val, nous descendrons aussitôt en vélo...
— Mais Valentin n'a pas son VTT, objecta Amandine.
— Oui ma belle, mais le VTC de Pauline possède un porte-bagages !
— Les deux clowns vont nous rattraper avec leurs scoots, s'inquiéta Bouboule.
— Non, car ils n'auront pas les clés, vous allez voir. Attendons Valentin.

— Les voilà, ils sont trois, Val court devant. On a gagné les amis ! jubila Bouboule en sautant de joie.
— Olive et Flo, retournez aux scooters, prenez les clés de démarrage et restez tout près des bécanes. Avec ces deux là, il faut rester vigilant et garder notre moyen de pression, commanda Gilles.
— STOP les rigolos, restez où vous êtes ! hurla Florian, ce n'est pas fini. Viens Val, ce que je suis content de te revoir !
Valentin passa de l'un à l'autre en tapant les mains de garçons, faisant des bises aux filles, recommença sa tournée d'effusion en serrant copains et copines dans ses bras.
— Je savais que vous alliez trouver un moyen de me tirer de là.
— Tu nous a tellement rendu service à tous, tu penses bien qu'on allait pas te laisser tomber ! commenta Gilles. Tu n'avais pas ton téléphone pour prévenir ?
— Ces salopards me l'ont confisqué quand ils m'ont attrapé.
— Comment ont-ils fait pour t'avoir ?
— Juste après que Quentin soit parti de son côté, Hugo m'a coincé. J'ai sorti ma bombe au poivre mais je n'ai pas eu le temps de m'en servir, Anton est venu par derrière et m'a bousculé, je suis tombé assez violemment et j'ai laissé échapper la bombe. Hugo l'a ramassée et m'a arrosé. J'ai éternué dix mille fois et je n'y voyais plus rien. Ensuite il m'ont emmené de force jusqu'à leurs scooters et m'ont obligé à monter en menaçant de m'asperger à nouveau. Ils ont pris l'autre route qui va au col pour éviter de passer par le centre du village, puis ils sont redescendus jusqu'à une grange dans laquelle se trouve remisé un camping-car. Là, ils m'ont enfermé.
— Bon, qu'est qu'on fait maintenant, on peut récupérer nos scoots ? dit Anton en s'avançant vers le groupe qui faisait cercle autour de Valentin.
— Restez où vous êtes, nous n'en avons pas fini avec vous, décida Gilles.
— Tu n'as pas pu ouvrir la porte comme dans les caves ? s'étonna Amandine.
— Hélas non. Le portail de la grange était fermé par une double serrure de sécurité. Normal avec un camping-car à l'intérieur. J'ai bien essayé de dévisser les charnières des battants du portail mais sans outil...
— Tu n'as pas mangé depuis hier midi ? s'inquiéta Quentin.
— Si ! J'ai pu entrer dans le camping-car par un coffre extérieur pas verrouillé et par là soulever le lit abattant. Dans ce coffre j'ai trouvé des bouteilles d'eau, des sachets de pâtes et une boite de concentré de tomates, je me suis cuisiné des coquillettes ! Mais je leur ai laissé la vaisselle à faire, et les toilettes à nettoyer ! s'amusa Valentin. Je dois dire aussi que le lit était presque confortable. J'ai un peu usé les batteries en lisant une série de BD qui traînaient en bas de l'armoire.
— Tu sais à qui il appartient ce camping-car ?
— Sur une BD, c'était marqué Hugo. Déduisez vous-même.
— Ils t'ont tabassé ?
— Pas vraiment, juste menacé.
— Tu devais être mort de trouille ! affirma Bouboule.
— Je savais bien que la situation ne pouvait pas s'éterniser et que d'une manière ou d'une autre j'allais pouvoir sortir. Je continuerai à vous raconter après mais là je veux rassurer mes grands-parents, quelqu'un peut me prêter son téléphone ?
Huit mains tenant chacune un portable se tendirent vers Valentin qui se mit à rire.
— Vous êtes tous adorables, je prends celui de Gilles car mon grand-père connaît son numéro. Pendant que je téléphone, essayez de savoir où ils ont mis les affaires qu'ils m'ont confisqué : mon iPhone, mon opinel, mon portefeuille porte-monnaie et mon sac d'école.
— J'y vais, décida Florian. Quentin, remplace-moi près du Piaggio. Pour le faire basculer, tu donnes une grande poussée du pied au niveau de la selle. Ils vont tout me dire, fais-moi confiance !

— Tes affaires sont dans une cave, devine où, dit Florian en revenant de son interrogatoire.
— Ta question indique la réponse, s'amusa Valentin. Merci Flo. Comment avez-vous fait pour me retrouver ?
— Tout le monde y est allé de son idée, expliqua Gilles, mais le plus génial a été notre Bouboule qui a pensé au chantage aux scooters. Tu vois, ça marche encore.
— Il faut organiser la suite maintenant, y avez-vous pensé ?
— Bien sûr. Nous allons tous descendre en vélo, toi tu monteras derrière Pauline, ça ne devrait pas trop te déplaire, railla Gilles.
— Et eux ?
— Ils vont devoir un peu marcher à pied. Attends, je vais les briffer. « Eh les rigolos, écoutez-moi bien. Vous allez descendre en même temps que nous, nous en vélo, vous en courant. Vos engins vont rester là. Dans cinq cents mètres, vous vous arrêterez et nous irons poser vos clés sur la margelle du pont sur le torrent cinq cents mètres plus loin. »
— Vous n'avez pas le droit ! Si nos clés tombent à l'eau qu'est-ce qu'on fait ?
— De la natation ou de la marche à pied, hé banane, rigola Olivier.
— Un instant, demanda Valentin, il faut garder un autre moyen de pression. « Écoutez-moi les apprentis gangsters, vous allez poser les clés de la grange par terre sur la route et reculer de vingt mètres. Vous les recevrez par la poste quand j'aurai récupéré mes affaires, toutes mes affaires. Peut-être que la lettre sera surtaxée, hein Hugo, mais tu as l'habitude ! Allez, exécution ! »
— Pourquoi tu les obliges à marcher cinq cents mètres ? interrogea Amandine.
— Pour éviter qu'ils nous rattrapent. Le temps qu'ils courent jusqu'au pont plus bas : deux minutes s'ils sont bons, celui pour retourner près de leurs engins : un kilomètre en montée, disons six minutes, le temps de leur descente en scooter, cinq minutes encore, nous aurons le temps d'arriver au village.
— Bien pensé ! Tu es agile aussi de l'esprit, Gilles, félicita Valentin. Allez, en route tout le monde. Tu veux que je conduise Pauline ? Oh, les deux débiles, passez devant et courez.

— Le barrage des gendarmes ! J'avais complètement oublié, s'écria Gilles en freinant brutalement.
— Pas de quoi avoir peur, rassura Valentin, laissez-moi leur parler.
— J'aime autant.
— Bonjour ou plutôt bonsoir mon adjudant-chef, vous travaillez tard.
— C'est toi Valentin, que t'est-il arrivé ? Tes grands-parents sont morts d'inquiétude. Est-ce que les prénommés Hugo et Anton sont pour quelque chose dans ta disparition ?
— Pour mes grands-parents, je les ai déjà rassurés. Pour Hugo et Anton, la réponse est oui.
— Bien, nous allons les intercepter.
— Mon adjudant-chef, écoutez et comprenez-moi s'il vous plaît : un, il n'y a plus de danger pour nous ; deux, Hugo et Anton ne vont pas tarder à arriver et je ne voudrais pas qu'ils nous voient avec vous ; trois, il est possible qu'ils passent par la route qui descend du col par l’autre versant, si vous voulez les coincer, il faut établir un second barrage ; quatre j'irai tout vous expliquer demain vers dix sept heures. Cela vous convient-il ?
— Étant donné les services rendus précédemment, je vais te faire confiance Valentin. Je fais tout de suite établir un second barrage. Allez-y. Je fermerai les yeux sur le fait que vous soyez deux sur la même bicyclette, c'est interdit, mais étant donné la situation d'urgence... Demain sans faute, Valentin !

— Halte, gendarmerie nationale. Arrêtez les moteurs et présentez les papiers de vos véhicules.
Hugo paniqué tenta de faire un rapide demi-tour mais sa roue avant passa dans l'herbe grasse du bas-côté et le scooter qui présentait trop d'angle pour sa faible vitesse dérapa des deux roues et se coucha sur le goudron de la route.
— Calmez-moi tout de suite cet énergumène, brigadier Guimard.
— Je lui passe les menottes, mon adjudant-chef ?
— Seulement s'il esquisse le moindre mouvement de fuite.
— On n'a rien fait monsieur, déclara Anton, pourquoi vous nous arrêtez ?
— D'où venez vous ?
— On a été faire une balade en scoot jusqu'au col, maintenant il faut qu'on rentre parce qu'on a des cours à préparer.
— Est-ce que vous connaissez un certain Valentin Valmont.
— Jamais entendu parler, répondit Hugo tandis qu'Anton faisait non avec la tête.
— Antony, c'est toi ?
— Oui mais on m'appelle toujours Anton.
— Et toi c'est Hugo, c'est ça ? questionna Lemoine en épluchant les cartes grises.
— Oui monsieur.
— C'est quoi cette odeur, brigadier ?
— Je dirais que ça sent le poivre, mon adjudant-chef, c'est lui qui sent ça, fit le brigadier en désignant Hugo.
— D'accord. Bon, tous les deux là, nous avons reçu une information disant que vous vouliez vous venger d'un certain Valentin Valmont, or celui-ci a disparu depuis hier et ne donne plus signe de vie.
— Nous, on n'y est pour rien ! dit Hugo avec véhémence.
— Vous savez que vous parlez à un représentant de la force publique et que mentir aux autorités dans une affaire de disparition est passible d'une forte amende voire d'une peine de prison si le responsable des faits est un adulte ou de placement en centre éducatif fermé si c'est un mineur. En cas de sévices graves infligés à autrui dans le cadre d'un enlèvement, c'est la prison, même pour un mineur.
— Mais on lui a pas fait m... Anton se tut soudain,conscient d'avoir été piégé et fusillé du regard par Hugo.
— Garez vos engins ici, bloquez les antivols. Brigadier, faites-les monter dans la Dacia, nous les embarquons.
— C'est pas juste, on n'a rien fait, vous n'avez pas le droit, on est mineur !
— C'est pour ça que nous allons convoquer vos parents. Allez, en route !