VALENTIN ET LA GRANDE REUNION

4. Une enquête rapide.

— Descendons, conduis-moi à ta voiture, Mathilde.
— Je ne sais plus bien où elle est, je suis toute tourneboulée, je crois l’avoir garée dans une des travées du milieu.
— Quelle est la marque de ton auto ?
— C’est une Volkswagen T-Roc.
— Sa couleur ?
— Noire.
— Viens, avançons doucement et faisons toutes les travées, dit Valentin en prenant la main de son amie.
— C’est celle-ci finit-elle par dire en s’arrêtant près d’un véhicule à la carrosserie lustrée reflétant les néons du sous-sol.
— Tes instruments, tu les avais mis où ?
— Dans le coffre. Je ne laisse jamais rien à la vue de tout le monde.
— OK, fit Valentin.
Il sortit un mouchoir en papier d’une poche de son blouson et s’en servit pour tester le hayon arrière sans effacer d’éventuelles empreintes. Celui-ci ne s’ouvrit pas. Il testa ensuite les portières qui résistèrent également.
— Si tes instruments ont disparu, c’est que le coffre était déverrouillé. Il l’était quand tu as constaté le vol ?
— Non.
— Comme tu es certaine d’avoir verrouillé quand tes instruments étaient à l’intérieur et comme rien n’a été forcé, c’est que quelqu’un a réussi à débloquer électroniquement tes portières.
— Une voiture qui aurait la même clé que la mienne ?
— Non, c’est absolument exclu. La clé génère un code aléatoire qui est spécifique à chaque auto. Si ta voiture était verrouillée quand tu es venue pour récupérer ton violon et ta flûte, c’est que les voitures modernes sont programmées pour se bloquer automatiquement en cas d’oubli du conducteur. Ouvre avec ta clé, demanda-t-il.
Mathilde fouilla fébrilement dans son sac, finit par en sortir une clé noire qu’elle actionna. Les portières se déverrouillèrent. Valentin retesta l’ouverture du coffre qui cette fois fonctionna. Mais il était complètement vide.
— Donc il y avait là tes deux instruments. Autre chose ?
— Oui, mon ordinateur portable, celui qui sert à mes compositions musicales avec son logiciel DAW *, sa carte son externe et un casque audio haute qualité. Il y en a pour plus de quatre mille euros.
— Si je compte bien, le préjudice est de quarante-quatre mille euros.
— Sans compter tout le travail réalisé : compositions musicales, arrangements, notes d’interprétation.
— Est-ce que tout était assuré ?
— Je n’ai pas fini de payer le violon donc il est assuré par l’organisme de crédit, mais pas la flûte ni le PC.
— Oui… oui… oui… fit doucement Valentin songeur. Fermons cette voiture, laissons-là ici et remontons, J’ai quelque chose à te montrer.
Mathilde pressa le bouton de fermeture laquelle se fit normalement avec le « blip » caractéristique.

* Logiciel qui permet d'enregistrer, d'éditer, de mixer et de produire de la musique sur ordinateur.