VALENTIN ET LA GRANDE REUNION

23. Deuxième soirée.

Les anciens élèves firent cercle autour des trois arrivants et les pressèrent de questions avant même qu’ils aient déposé leurs sacs à dos.
— Alors, qu’est-ce que c’était finalement ? Un animal mort ? fut la question posée par Louise.
— Les animaux ne mettent pas d’habit et ne transportent pas de sac à dos, même en montagne, se moqua Florian qui avait repris de l’assurance et de l’estomac. Hum, ça sent rudement bon la tartiflette. On mange à quelle heure ? Ah, salut Pierre-André, je suis super content que tu aies pu venir. Bonjour ma belle, dit-il en claquant deux bises sur les joues de Pauline, c’est rudement bien que tu te sois libérée. Est-ce que quelqu’un peut nous servir à boire ? Hé mais Charly, tu es là aussi ! C’est formidable !
— Pas trop fatiguée par ta nuit de garde ? questionna Valentin en faisant lui aussi deux bises à Pauline.
— Ho, ça va, j’ai l’habitude. Ça me fait aussi vraiment plaisir de vous revoir tous, enfin presque tous. Qui manque-t-il ?
Ce fut évidemment Amandine qui répondit.
— Et bien il manque Marion ainsi qu’Émilie, Émilie i-e, chez les filles et Benjamin chez les garçons.
— Est-ce que tu as pu les contacter ? questionna Valentin.
— Oui pour Marion. Elle est en cure à Bagnères de Luchon comme tous les ans depuis son accident. Elle n’a pas pu décaler les dates de sa réservation et m’a chargée de dire le bon souvenir qu’elle a de vous tous. Et non pour Emilie Leblanc qui a parait-il déménagé sans laisser d’adresse. J’ai tenté de contacter Benjamin Nardy par mail mais je n’ai jamais eu de réponse malgré plusieurs relances.
— Pour Benjamin, je sais pourquoi, intervint Pauline, cela fait quinze jours qu’il est à l’hôpital.
— Il a eu un accident ? demanda Anaïs.
— Oui et non. Pour lui, les nouvelles ne sont pas bonnes. Ma collègue qui s’en occupe m’a raconté qu’il a été retrouvé inconscient dans une traboule des vieux quartiers de la ville. Ce sont les pompiers qui l’ont amené. Les médecins ont pu le réanimer mais il est dans un sale état. Son infirmière m’a dit que c’est un adepte du crack *, la pire des drogues ! Il est maintenant en cure de désintoxication et c’est terrible pour lui.
— Mon Dieu, qui aurait pu penser ça, il était si discret.
— Oh, il était déjà adepte de la fumette au lycée, renseigna Louise. Il aura voulu essayer quelque chose de plus hard et voilà le résultat. Avis aux amateurs, conclut-elle en regardant Tony, Clément, Romuald, Morgane ainsi que leurs satellites.
— Alors, et pour vous, que s’est-il passé ? interrogea Gilles en regardant Florian.
— J’ai accompagné les gendarmes en hélico jusqu’au-dessus du pierrier. Il n’a pas pu se poser à cause de la pente très raide alors j’ai été hélitreuillé pour descendre. Super impression d’être suspendu par un câble à plus de quinze mètres du sol, je ne vous dis pas ! Les gendarmes eux sont descendus grâce à une corde lisse. Nous avons récupéré du matériel de rando en montagne ainsi que des débris humains. Pour ça, je n’ai pas participé. Désolé d’en parler maintenant mais c’est toi Gilles qui a posé la question.
— Changeons de sujet ! Si vous vous voulez vous doucher avant le repas, ce serait super et personne ne s’y opposera, intervint Amandine en se bouchant le nez

* Le crack est un dérivé stimulant et extrêmement addictif de la cocaïne.