Emily sursauta en entendant le timbre d’entrée. « C’est Valentin » espéra-t-elle en se précipitant pour déverrouiller.
— Ah, c’est toi Olivier.
— Oui, ce n’est que moi. Je viens d’expérimenter le truc de Bouboule pour entrer incognito dans l’immeuble. Ça marche ! Comme je l’ai dit hier, j’aimerais examiner ta porte de garage.
— Le garage est sous scellé, nous ne pourrons pas y entrer. Je prends quand même la clé ?
— Oui, s’il te plaît.
— Voilà, c’est ce garage-là.
— Avec le ruban de la gendarmerie, j’avais deviné. Sans en ouvrir la porte, je veux essayer la serrure. Bon, là c’est effectivement bloqué. La clé…dans le bon sens… dans le barillet… un demi-tour… voilà… effectivement la poignée tourne, la porte peut s’ouvrir. Normalement, elle bascule vers le haut, je la soulève juste un peu… là, tu peux la tenir dans cette position ?
Olivier se coucha sur le sol, glissa une main sous la porte à l’aplomb de la serrure, palpa le sol, sentit un petit cylindre en fer suspendu à une chaînette puis il sortit son smartphone, en activa l’éclairage et déclencha à l’aveugle quelques clichés du système de blocage.
— C’est bon, tu peux lâcher. Oh mais qu’est-ce que c’est que ça ? Ce minuscule trou dans le métal de la porte à quelques centimètres au-dessus du sol, est-ce qu’il a une utilité ?
— Je n’en sais rien, je ne l’avais jamais remarqué.
— Je le prends aussi en photo. Est-ce que les portes des autres garages ont le même trou ?
— Apparemment non.
— Bon, et bien je crois que nous ne pouvons rien faire d’autre ici, remontons chez toi. J’ai besoin de réfléchir…
Revenu dans l’appartement, Olivier examina longuement les photos prises et soliloqua :
« Le blocage se fait par ce cylindre métallique de cinq centimètres de long sur deux de diamètre environ Il est suspendu à la petite chaîne et coulisse dans le trou d’une équerre solidaire de la porte pour se loger dans une autre pièce métallique fixée dans le sol. Quand on tourne la poignée cela fait monter la chaîne qui tire le cylindre hors de sa pièce de blocage et on peut alors basculer la porte.
Mais sans la clé, comment court-circuiter le système ? »
— Tu y comprends quelque chose Olivier ?
— J’ai compris le mécanisme normal mais pas encore le truc pour ouvrir sans la clé. Là je vais devoir y aller, Margot m’attends.
— Tu veux une tasse de thé ou de café avant de partir ?
— Oui, un café bien chaud, pourquoi pas, dehors il ne fait plutôt frisquet.
— Installe-toi dans le canapé, je t’apporte ça tout de suite.
— Tu t’es mise au tricot, toi Emily ? observa Olivier en désignant une table gigogne sur laquelle était posée une mini brassière jaune inachevée près de sa pelote de laine.
— Dans moins de deux mois notre bébé sera là, cela me fait plaisir de tricoter pour lui.
— Attends… aiguille à tricoter… petit trou dans le bas de la porte du garage. Si je prends une aiguille comme ça ou un fil de fer rigide ou un rayon de vélo que je l’enfile dans le trou, en tâtonnant, je peux le passer dans un maillon de la chaîne, je fais un mouvement de bascule, cela soulève le petit cylindre bloqueur et la porte est déverrouillée sans besoin de la clé.
— Mais c’est génial ce que tu viens de trouver Olivier. Avec ça, Valentin est sauvé, il faut que je te fasse la bise !